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Attractivité médicale en zone rurale : la méthode Cauvaldor pour former et installer des médecins

À Cauvaldor, on ne parle pas de désert médical — on construit des solutions. Le territoire se distingue par une stratégie proactive et ambitieuse pour renforcer la démographie médicale sur son secteur. Thierry Chartroux, vice-président de la Communauté de communes, revient sur ce plan d’attractivité médicale unique qui fait de Cauvaldor un territoire précurseur.

Publié le 17/03/2026

Thierry Chartroux, vice-président des services à la population de Cauvaldor est fier de le dire « Sur le Nord du Lot, on est le territoire où il y a le moins de personnes sans médecins traitant.»  


Thierry Chartroux est un homme aux multiples casquettes, profondément engagé pour son territoire : en plus de son mandat à la Communauté de Communes, il est également maire de Thégra et agriculteur. Il refuse de laisser la ruralité rimer avec rareté de soignants.  


Cauvaldor, plus grand territoire du département, est la communauté de communes du Nord du Lot. Le territoire compte 77 communes pour 47 337 habitants. Sa spécificité ? Pas de grandes villes, mais 5 à 6 bourgs-centres, d’un maximum de 3 500 habitants, répartis de façon homogène sur le territoire. 


Comme partout en France, l’un des enjeux majeurs est le manque de soignants. Pourtant, Cauvaldor possède un atout majeur : sa proximité avec trois facultés de médecine (celles de Limoges, Toulouse et Clermont-Ferrand).  


En débutant son mandat pour Cauvaldor, Thierry Chartroux avait pour mission de définir une véritable politique de santé à l’échelle du territoire : «Je ne connaissais rien au secteur de la santé, je me suis approprié le sujet, je voulais me sentir utile pour mon territoire. J’étais tout d’abord chargé de l’implantation de Maisons de Santé Pluriprofessionnelles. Il y avait ce désir de définir une véritable politique de santé à l’échelle du territoire, il a alors été convenu que je développe un plan d’attractivité à destination des professionnels de santé.» 


Une action ambitieuse en faveur de la démographie médicale a ainsi été intégrée parmi les priorités stratégiques du Contrat Local de Santé. Cauvaldor y est engagé depuis 2022, aux côtés de l’Agence Régionale de Santé et de nombreux partenaires.  


Un travail approfondi d’analyse des besoins et des enjeux spécifiques au territoire a été mené par Thierry Chartroux et son équipe. De cette réflexion est née une stratégie d’accompagnement à moyen et long-terme allant de la promotion des études de médecine jusqu’à l’installation des médecins. Cet accompagnement s’articule autour de trois volets ;  

  • Option santé dans les lycées pour promouvoir les études de médecine et optimiser les chances de réussite des étudiants; 
  • ParcoursM’aides, un programme destiné à accompagner financièrement les étudiants en médecine durant leurs parcours; 
  • Aide à l’installation des professionnels de santé : accompagnement, visites, infrastructures modernes et avantages fiscaux proposés. 

Cordée Ambition Santé : révéler et accompagner les vocations médicales locales 

En 2020, suite aux élections de renouvellement de la collectivité, le président de Cauvaldor de l’époque et Thierry Chartroux ont réfléchi à développer un projet long terme pour susciter des vocations pour les études de santé et favoriser la réussite de ces études exigeantes une fois débutées (seulement 10% des élèves réussissent leur première année de médecine) : « L’idée était aussi de montrer que les jeunes du milieu rural ont autant leur place que ceux du milieu urbain à devenir professionnel de santé.»


À la rentrée 2021, le lycée Jean Lurçat à Saint-Céré, en partenariat avec la faculté de médecine de Toulouse, est le premier à initier l’ouverture d’une “option santé".  Pour concevoir ce parcours, d’anciens élèves - aujourd’hui médecins ou étudiants en médecine - ont été sollicités afin de partager ce qu’ils auraient aimé savoir avant d’entamer leur cursus.  

Leurs retours ont mis en lumière plusieurs besoins clés :  

Comprendre le fonctionnement de son cerveau pour développer une méthode; d’apprentissage efficace capable d’assimiler un volume important de connaissances en peu de temps;  

Apprendre à gérer ses émotions et son stress. 


Ces témoignages ont permis de construire un programme ciblé et pensé pour optimiser les chances de réussite post-bac en Parcours Accès Santé Spécifique (PASS) et également de favoriser une adaptation rapide aux exigences et conditions de cette filière. 


Gratuite, cette option s’adresse aux élèves entrant en classe de Première Générale. Elle se traduit par un volume horaire dédié : trois heures par semaine en Première, puis deux heures en Terminale.  


Le programme alterne cours, interventions, conférences, visites et stages, afin d’offrir une immersion progressive dans l’univers des études et métiers de la santé. Les contenus sont répartis entre les cours de SVT, qui abordent notamment l’anatomie, l’histologie ou encore l’immunologie, et les cours de physique-chimie, consacrés par exemple à la radioactivité, aux fluides ou à l’optique. À cela s’ajoutent des interventions de professionnels de santé sur différentes thématiques : gestion des émotions, organisation du travail, découverte de cas pratiques, visites de cabinets médicaux, etc. 


Tout autant d’expériences concrètes qui sont donc pensées pour préparer les élèves à la réalité du terrain.  Les témoignages des intervenants sont aussi une manière de montrer aux élèves l’impact que les métiers de la santé ont sur le territoire. “C’est une démarche volontaire de l’équipe pédagogique et du proviseur de proposer l’Option Santé pour leurs élèves. De notre côté, nous finançons la venue des intervenants et nous pouvons aussi participer à l’organisation d’événements.” Le lycée est régulièrement questionné sur la mise en place de l’option santé. Il s’agit d’un levier d’attractivité fort, des élèves viennent de loin pour suivre ce parcours. 


L’option santé a depuis été labellisée “Cordée de la Réussite” puis est devenue “Cordée Ambition Études Santé “ à la rentrée 2023.  


Elle est proposée dans 7 lycées de l’Académie de Toulouse : l’ambition du Ministère de la Santé est de généraliser cette option dans tous les lycées du pays.  


L’automne dernier, le lycée Jean Lurçat entamait sa 5e promotion et les résultats sont très satisfaisants comme en témoignent l’évolution des effectifs depuis sa création :


Parcours M’Aides : un soutien financier pour former et attirer les médecins sur le territoire

Mis en place en 2022, Parcours M’Aides est un accompagnement financier tout au long du cursus de médecine générale.  


Des bourses sont proposées aux étudiants de la 1e à la dernière année de leurs études avec un engagement progressif de revenir s’installer sur le territoire une fois leur diplôme en poche.  


Cauvaldor dédie une enveloppe budgétaire annuelle pour ce programme et participe à des salons et à des forums pour en faire la promotion. 


L’aide est ouverte aux étudiants du territoire, avec des conditions évolutives selon les années d’études ;  


De la 1e à la 6e année, les étudiants doivent être originaires de Cauvaldor.  

PASS : l’étudiant doit étudier dans une université française, il touche une bourse de 800€ par mois.  

2e et 3e année : 200€ par mois 

4e, 5e, et 6e année : 300€ par mois 

Pendant cette période, l’étudiant doit s’engager à réaliser un de ses stages sur le territoire, un logement peut être mis à disposition gratuitement.  


De la 7e à la 9 année, le programme est une bourse d’engagement à l’installation comprise entre  2 500 et 5 000 euros par an, contre l’engagement d’effectuer des remplacements sur le territoire ou une installation pendant minimum 6 ans. 


Pour intégrer Parcours M’Aides, les étudiants doivent remplir et signer une convention et fournir des documents (lettre de motivation, justificatif d’inscription à l’université, etc ) qui seront par la suite évalués par un jury.  


« Fort du succès de ce dispositif, nous avons élargi l'accès aux bourses à d’autres spécialités médicales et professions de santé depuis l’automne 2025 telles que la pédiatrie, la psychiatrie, la gynécologie, la dermatologie, la gériatrie, la pharmacie, l’odontologie et la kinésithérapie.» ajoute Thierry Chartroux.  


Voici les statistiques de ParcoursM’Aides depuis sa mise en place :  

  • 20 étudiants boursiers en 2022/2023 
  • 21 étudiants boursiers en 2023/2024 
  • 21 étudiants boursiers en 2024/2025 
  • 25 étudiants boursiers en 2025/2026 (dont 1 en odontologie et 1 en pharmacie)


Accompagnement à l’installation à Cauvaldor : un appui complet pour les professionnels de santé

Ce volet concerne l’attraction et l’aide à l’installation des professionnels de santé déjà diplômés. «C’est notre force de frappe, nous avons une super équipe pour nous appuyer.»


Au cœur du dispositif, Virginie Henriot, chargée de mission, incarne pleinement cette dynamique. C’est une boule d’énergie amoureuse de son territoire. Elle est une véritable ambassadrice auprès des soignants qui souhaitent s’y installer.  


Grâce au réseau qu'elle a tissé, elle accompagne les candidats à chaque étape de leur projet. En lien étroit avec la CPTS Nord Lot, ils travaillent de manière coordonnée pour proposer un accompagnement sur mesure. « Nous faisons visiter les structures, présentons les logements disponibles, les opportunités professionnelles pour le conjoint, mais aussi la qualité de vie que nous offrons ici : paysages, activités, convivialité. »


Thierry Chartroux a également compris que pour attirer des soignants, il est indispensable de leur offrir des locaux modernes et adaptés « Les professionnels de santé ne s’installent pas n’importe où, ils veulent rejoindre un lieu où d’autres praticiens sont déjà présents.» 


Cauvaldor propose des infrastructures de qualité :

- 12 espaces de santé et maisons pluridisciplinaires;

- 2 hôpitaux de proximité (Saint-Céré et Gramat);

- 3 hôpitaux à moins de 20 minutes.


Des exonérations fiscales et des aides financières sont également proposées sur toutes les communes du territoire. 

Cauvaldor : un modèle en matière d’attractivité médicale en zone rurale

Cauvaldor illustre avec force qu’une vision collective peut transformer l’avenir d’un territoire. Grâce à une stratégie cohérente allant de la sensibilisation des lycéens à l’accompagnement à l’installation des praticiens, la communauté de communes démontre qu’il est possible de rendre la médecine attractive en milieu rural. 


Le terme “désert médical” est banni dans l’équipe chevronnée de la communauté de communes : « Ce terme n’est pas du tout vendeur pour attirer des professionnels de santé, il est important d’adapter son discours, cela doit faire partie du marketing territorial. Il y a une fonction épanouissante à s’occuper de l’avenir du territoire, d’accompagner les lycéens puis les étudiants jusqu’à leur installation.»  


C’est dans cet esprit qu’a été mis en place un guichet unique réunissant tous les acteurs de la santé et du territoire, pour simplifier les démarches et offrir un accompagnement sur mesure à chaque professionnel. 


Et les résultats sont là : de plus en plus de soignants choisissent Cauvaldor pour s’y installer durablement.  


RemplaJob s’engage aux côtés de Cauvaldor, de la CPTS Nord Lot et de l’ARS Occitanie pour renforcer l’attractivité médicale du territoire. 


Remplajob favorise la continuité des soins en donnant une visibilité nationale aux offres locales et en soutenant chaque projet de remplacement, d’installation, de collaboration ou de cession. 

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