Les démarches pour s’installer en tant que médecin libéral
Médecin, vous souhaitez vous installer en libéral ? RemplaJob vous explique toutes les démarches à suivre pour bien commencer votre exercice ! Mis à jour le 3 juillet 2026
Publié le 10/07/2020
📝En bref : l'essentiel à retenir
Anticipez votre installation 3 à 6 mois à l'avance
Choisissez votre lieu, votre mode d'exercice et votre statut juridique EN AMONT
Contactez le Conseil départemental de l'Ordre 1 mois avant le début d'activité
Inscription URSSAF dans les 8 jours suivant le démarrage
Choix du secteur de conventionnement à communiquer à la CPAM dans les 2 mois
Comptez 400 à 800 € de frais initiaux (RCP + assurances complémentaires + compte pro)
Vous avez terminé vos études, effectué des remplacements ou des collaborations, et vous vous apprêtez à franchir le cap de l'installation ? Que vous vouliez créer votre cabinet, en reprendre un ou vous associer, ce guide complet reprend toutes les étapes administratives à suivre, dans l'ordre, avec les délais et les points de vigilance.
Pourquoi anticiper son installation en libéral est essentiel ?
L'installation en libéral est une étape structurante de la carrière d'un médecin. Choisir son lieu d'exercice, son mode de fonctionnement, son statut juridique, souscrire aux bonnes assurances… Cela demande de la préparation. Idéalement, commencez à réfléchir à votre installation 3 à 6 mois avant la date de démarrage souhaitée.
Comment choisir son lieu d'installation ?
Le choix du lieu d'installation conditionne :
- L'organisme départemental auprès duquel vous ferez vos démarches
- L'éligibilité aux aides dans les zones sous-dotées (CAIM, COSCOM, contrats démographiques…)
- Votre projet de vie personnel (proximité domicile, école des enfants, cadre)
- Le volume de patientèle disponible dans la zone
Pour choisir en connaissance de cause, consultez la carte de la démographie médicale publiée par la DREES. Les zones sous-dotées ouvrent droit à des aides financières importantes qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.
💡 Bon à savoir : sur RemplaJob, vous trouverez des annonces de cession de cabinet, collaboration et association partout en France.
Quel mode d'exercice et quel statut juridique choisir ?
Vous avez plusieurs options selon votre projet :
Modes d'exercice possibles :
Cabinet individuel (le plus simple, en entreprise individuelle)
Reprise d'un cabinet existant
Association ou collaboration au sein d'un cabinet de groupe
Intégration dans une Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) ou un Centre de Santé
Exercice mixte (libéral + salariat en établissement)
Statuts juridiques les plus courants :
Entreprise individuelle (EI) : pour un exercice en solo
SCP (Société Civile Professionnelle) : pour un exercice en groupe
SELARL, SELAS, SELASU : sociétés d'exercice libéral, adaptées si vous voulez limiter votre responsabilité et optimiser fiscalement
⚠️ Recommandation : ne choisissez pas seul(e). Consultez un expert-comptable ou un juriste spécialisé en santé pour choisir le statut le plus adapté à votre situation. Un mauvais choix peut coûter cher pendant des années.
Comment trouver le bon local pour son cabinet ?
Votre cabinet doit répondre à plusieurs exigences :
- Normes d'accessibilité PMR (Personnes à Mobilité Réduite) obligatoires : rampe d'accès, largeur des portes, sanitaires adaptés…
- Surface minimale conseillée : 30 à 40 m² pour un cabinet individuel, plus si secrétariat sur place
- Environnement : luminosité, calme, proximité d'un parking ou de transports en commun
- Proximité domicile : vous y passerez beaucoup d'heures, ne sous-estimez pas ce point
Selon votre projet, vous pouvez acheter, louer, ou reprendre un local d'un confrère qui part à la retraite. Cette dernière option présente souvent l'avantage de récupérer une patientèle déjà constituée.
Comment s'inscrire au Conseil départemental de l'Ordre des médecins ?
C'est la première démarche officielle à effectuer, environ un mois avant votre date d'installation prévue. Adressez-vous au Conseil départemental de l'Ordre correspondant à votre lieu d'exercice.
Documents à fournir :
Formulaire de demande d'inscription
Photocopie de vos documents d'identité
Photocopie de votre diplôme
Extrait de casier judiciaire (bulletin n°3)
Déclaration sur l'honneur (aucune procédure disciplinaire en cours)
Certificat de radiation (si vous changez de département)
CV actualisé
Modalités précises d'exercice (individuel, groupe, SCM…)
Adresse d'exercice et date de début
Une fois inscrit(e), vous recevez :
- Une attestation d'inscription au tableau de l'Ordre
- Votre numéro RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé)
- Votre Carte de Professionnel de Santé (CPS) envoyée automatiquement
- Le numéro RPPS remplace désormais l'ancien n°ADELI et sert d'identifiant unique tout au long de votre carrière.
Comment s'enregistrer auprès de la CPAM ?
Une fois inscrit(e) à l'Ordre, contactez la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de votre lieu d'exercice pour vous enregistrer comme médecin libéral. Cette démarche vous permet de :
Facturer vos actes à l'Assurance maladie
Bénéficier de la couverture santé en tant que travailleur indépendant
Cotiser en cas d'arrêt maladie
- Documents à demander lors de l'inscription :
Arrêts de travail
Demandes d'ALD (Affection Longue Durée)
Certificats d'accident du travail
- ⚠️ Attention : la CPAM ne couvre pas les accidents du travail. Il est fortement recommandé de souscrire une assurance dédiée.
Comment choisir son secteur de conventionnement ?
À l'occasion de votre enregistrement auprès de la CPAM, vous devez choisir votre secteur de conventionnement, qui détermine votre liberté tarifaire :
Secteur 1 : vos honoraires respectent la convention médicale (25 € la consultation classique en 2026 pour un généraliste)
Secteur 2 : honoraires libres dans le respect du « tact et mesure » (nécessite d'avoir été chef de clinique, ancien assistant hospitalo-universitaire ou ancien praticien hospitalier)
Secteur 3 (non conventionné) : liberté totale de tarification mais patients moins remboursés
Vous disposez de 2 mois pour communiquer votre choix à la CPAM.
💡 À savoir : la majorité des médecins généralistes exercent en secteur 1. Le secteur 2 est plus fréquent chez les spécialistes.
Comment s'inscrire à l'URSSAF ?
Dans les 8 jours suivant le démarrage de votre activité, vous devez déclarer votre installation auprès de l'URSSAF (via le Centre de Formation des Entreprises - CFE de votre département).
Cette inscription vous permet :
- D'obtenir votre numéro SIRET
- De commencer à cotiser aux régimes obligatoires
- De déclarer vos revenus
L'inscription se fait en ligne sur le site de l'URSSAF. Comptez quelques jours pour recevoir votre numéro SIRET.
Comment s'affilier à la CARMF ?
L'adhésion à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) est obligatoire dans le mois qui suit le début d'activité. Elle est déclenchée automatiquement par votre inscription au Conseil de l'Ordre.
La CARMF gère votre régime de retraite et de prévoyance.
💡 Bon à savoir : les 2 premières années d'affiliation, vous pouvez bénéficier de réductions de cotisations sous conditions de revenus. Renseignez-vous auprès de la CARMF pour ne pas passer à côté.
Quelles assurances souscrire au-delà de la RCP ?
La Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) est obligatoire pour tout médecin en activité. Comptez 350 à 400 € par an pour un généraliste, davantage pour les spécialités à risque.
Au-delà de la RCP, d'autres assurances sont vivement recommandées :
- Assurance RCE (Responsabilité Civile Exploitation) : couvre les dommages dans vos locaux non liés à l'acte médical
- Multirisque professionnelle (MRP) : protège votre local, votre matériel et vos données (dégât des eaux, incendie, vol)
- Assurance auto usage professionnel : indispensable si vous effectuez des visites à domicile
- Prévoyance complémentaire : la CARMF couvre partiellement les arrêts, une prévoyance privée est vivement conseillée
Quelles démarches complémentaires prévoir ?
Ouvrir un compte bancaire professionnel
Non obligatoire pour un médecin exerçant en nom propre, mais très fortement recommandé pour séparer flux perso et pro. Certaines banques proposent des offres dédiées aux professions médicales avec des tarifs préférentiels.
Choisir un logiciel médical et de prise de rendez-vous
Indispensable pour la télétransmission des feuilles de soins, la gestion du DMP (Dossier Médical Partagé) et la prise de rendez-vous en ligne. Renseignez-vous auprès de confrères pour identifier le logiciel adapté à votre spécialité.
S'inscrire à un service de télémédecine
De plus en plus de médecins utilisent des plateformes de téléconsultation en complément de leur exercice classique. Vérifiez les modalités de rémunération et de facturation.
Anticiper la fiscalité
Le régime fiscal du médecin libéral relève des BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Le recours à un expert-comptable est vivement conseillé, surtout la première année.
Combien coûte une installation en libéral ?
Voici un budget indicatif pour une installation en 2026 :

Comptez au minimum 8 000 à 15 000 € de coûts initiaux pour reprise d'un cabinet équipé.
Bonne nouvelle : les banques proposent des prêts spécifiques aux professions médicales, avec des conditions préférentielles.
Peut-on bénéficier d'aides pour s'installer ?
Oui, notamment si vous vous installez en zone sous-dotée identifiée par l'ARS. Les principales aides :
CAIM (Contrat d'Aide à l'Installation des Médecins) : jusqu'à 50 000 € versés sur 4 ans
COSCOM (Contrat de Solidarité Territoriale Médecin) : indemnité mensuelle en échange d'un exercice partiel en zone sous-dotée
Contrats démographiques régionaux : varient selon les ARS
Exonérations fiscales en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR)
Aides des collectivités locales : équipement, local, logement…
Renseignez-vous auprès de votre ARS et du Conseil départemental pour connaître les dispositifs disponibles dans votre zone.
Conseils pratiques avant de démarrer votre activité
- Communiquez auprès des confrères locaux (généralistes, spécialistes) pour vous constituer un réseau
- Faites-vous connaître localement : mairie, pharmacie, kinésithérapeutes, infirmiers du secteur
- Préparez votre communication numérique : présence sur Doctolib, Google Business Profile, éventuellement site internet
- Prévoyez une trésorerie de démarrage : les 3 premiers mois peuvent être plus calmes que prévu
Prêt(e) à concrétiser votre projet d'installation ?
Découvrez sur RemplaJob des annonces de cession de cabinet, collaboration, association et reprise de patientèle partout en France et dans les DROM-COM. Gratuit pour les libéraux, plus de 65 000 soignants nous font confiance depuis 2013.
Questions fréquentes sur l'installation en médecin libéral
Combien de temps prennent les démarches d'installation ?
Comptez 1 à 3 mois entre le premier contact avec le Conseil de l'Ordre et le démarrage effectif de votre activité. Anticipez surtout si vous devez rechercher un local ou négocier une reprise de cabinet.
Peut-on cumuler une installation en libéral et un exercice salarié ?
Oui, c'est même de plus en plus courant. Vous pouvez exercer en libéral une partie de la semaine et être salarié en hôpital, EHPAD ou centre de santé le reste du temps. Vérifiez simplement les incompatibilités éventuelles avec votre employeur salarié.
Quel statut juridique choisir pour s'installer en solo ?
L'entreprise individuelle (EI) est la forme la plus simple et la plus courante pour un exercice en solo. Elle nécessite peu de formalités et vous protège désormais patrimonialement depuis la réforme de 2022 (séparation automatique du patrimoine professionnel et personnel).
Faut-il un expert-comptable dès la première année ?
Vivement recommandé. Un expert-comptable spécialisé en professions libérales médicales vous aidera à optimiser votre fiscalité, à choisir votre régime (BNC déclaration contrôlée, micro-BNC…) et à éviter des erreurs coûteuses. Comptez 1 500 à 3 000 € par an.
Peut-on s'installer immédiatement après la thèse sans passer par le remplacement ?
Techniquement oui, mais c'est peu recommandé. Les remplacements permettent de tester différents modes d'exercice, de se constituer un réseau et un capital de départ, et de valider son projet d'installation. La majorité des médecins font au moins quelques mois de remplacement avant de s'installer.
Quelles aides financières sont possibles pour s'installer en zone sous-dotée ?
Les principales aides sont le CAIM (jusqu'à 50 000 €), le COSCOM, les exonérations fiscales en ZRR, et les aides des collectivités locales. Renseignez-vous auprès de votre ARS pour connaître le dispositif adapté à votre zone.
Comment trouver un cabinet à reprendre ?
Consultez les annonces de cession sur des plateformes spécialisées comme RemplaJob, informez les confrères locaux de votre projet, contactez les CPTS de la zone visée, et surveillez les départs à la retraite dans les cabinets qui vous intéressent.